Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

J-2 : le grand départ ! (336)

19 août 2015]

Aujourd'hui, c'est le départ. En route vers l'inconnu. Ni une, ni deux, j'attrape mes bagages complétés par quelques idées d'accompagnement de dernière minute (tiens, ce serait pas idiot d'avoir un chargeur de portable ou un petit livre à bouquiner). Première étape, le TGV en direction de l'aéroport Charles de Gaulle ! Non sans son lot de retards ou problèmes techniques. 20 minutes, ça va, à ce stade c'est être en avance pour eux. Heureusement, il me reste six heures avant le décollage de mon avion.

Enfin, heureusement... Si, heureusement, en fait. Je trouve que le temps d'attente est un temps qui n'est pas perdu, ou du moins qui peut ne pas l'être, et qui n'a jamais été ennuyeux pour moi. Suis-je un extraterrestre ? Je me suis avachi sur un de ces nombreux sièges à perte de vue dans l'aéroport, et ai ouvert un petit livre jaune : pas mécontent de l'avoir apporté celui-là. C'est un Fakir qui voyage un peu. En l'apportant je n'avais pas du tout voulu le prendre parce qu'il avait une quelconque relation avec ma situation; mais je trouve la coïncidence bienheureuse.

Oh, une Espagnole à côté de moi. Oh, des Russes derrière. Oh, un Français. Mon cortex cérébral se met déjà en ébullition et essaie de se concentrer sur le petit bouquin que je dévore des yeux. Petit passage par le Royaume-Uni, l'Italie, et hop, vers la Libye. Je me déplace pour aller aux toilettes. Mais, c'est que ça a changé l'hygiène dans les lieux publics (ou juste dans les aéroports ?) : la chasse d'eau se tire en appuyant un bouton avec le pied, les toilettes hommes et femmes ont le même motif (pas de discrimination), une propreté et pas mal de place pour ceux qui voyagent seuls et qui doivent emmener leurs bagages avec eux absolument partout. Je reviendrais plus souvent par ici, me dis-je. Enfin, pas le temps pour l'instant, je pars m'enregistrer.

18,5 kilogrammes. Quoi, moi, jouer avec le feu ? Avec mon corps oui, mais ce n'est que pour le muscler ;) Je sépare mes appareils électroniques de mon sac à dos; c'est bon, je n'ai pas d'explosifs, je peux avancer. Embarquement. Décollage. Je ne me souvenais pas que cette partie du vol était si amusante. On se croirait dans une montagne russe avec l'avion qui avance tout doucement et ensuite il met les gaz d'un seul coup pour vous projeter vers l'arrière du siège.

La partie amusante étant finie, je reprends le grand feuillet jaune et suit captivé par les dernières pages. L'auteur m'aura fait sourire du début à la fin, m'aura fait voyager et surtout apprécier la vie que je mène, contrairement aux clandestins, qui eux voyagent, mais très mal et avec toujours la crainte qu'ils soient arrêtés dans leur course. Le nom barbare du livre est «L'extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa», écrit par Romain Puértolas. C'est un livre complètement ''barré'' comme je les adore. Des noms imprononçables, dont l'auteur se sent obligé de donner la prononciation (farfelue); des péripéties rocambolesques; des comiques de répétition savamment dosés. Rien à redire, vrai coup de cœur. L'avion est désormais lancé à 800km/h. Je permets à mes yeux de relâcher l'attention pendant une quinzaine de minutes.

Lorsqu'ils s'ouvrent, ils tombent sur un film muet qui ressemble à du Charlie Chaplin sur les petits écrans en hauteur. Deux boxeurs qui se tapent n'importe comment et qui assomment au passage l'arbitre. C'est pas drôle. Peut-être le bruit des réacteurs y joue; mine de rien, il manque une petite musique, ou alors qu'il soit vu dans le silence complet. S'ils avaient vraiment voulu nous divertir, il aurait fallu mettre ''Non-Stop'', cette grande production américaine qui conte l'aventure de Liam Neeson dans le rôle d'un policier qui prend un vol qui ne se passera pas comme les autres ! 

Petit temps de latence. On observe les langues se délier, les gens commencent à bouger et on se met à admirer par le hublot les paysages de rêve sous un couché de soleil magnifique. On se croirait dans les films de Yann Artus Bertrand. Tu vois des petits points lumineux, puis tu vois des groupes de points lumineux, et en fait là tu t'aperçois que le moment fatidique est arrivé : celui de la descente. Et là, j'ai un autre film en tête, l'introduction du film ''Les nouveaux sauvages'' (https://www.youtube.com/watch?v=qM6G9MFvuqg regarder à 5'00'') ! Autant dire que me voilà pas très rassuré sur mes chances d'arriver en un seul morceau encore valide en bas. Pour nous rassurer, tu entends le commandant de bord prendre la parole. Il parle en finnois, puis en anglais. Et là, lorsque c'est le tour d'imiter Shakespeare, c'est l'horreur, mes oreilles se dépressurisent. Ou alors c'est la pression et l'altitude et des lois physiques qui font que mes tympans me font extrêmement mal. Mais il me semble tout de même entendre un anglais très approximatif et dont finalement, je ne comprends que des mots éparpillés.

Lorsqu'enfin je touche terre, je me trouve à Helsinki, en Finlande. Premier vol d'effectué sur les quatre que comptera le séjour. Et dire que toute cette aventure a commencée par une discussion innocente avec un ami d'athlétisme. Je dois transiter pendant onze heures avant mon second pour me rendre à Tartu. Je me découvre une phobie : je n'aime pas dormir en public. Non pas que je ne fasse confiance à personne, mais j'ai peur que la vue que je laisse à donner aux personnes est pitoyable et que si je pouvais l'éviter, il fallait le faire. Pas grave, je prendrais le temps de faire une sieste une fois à l'hostel (une sorte d'auberge).  

Les commentaires sont fermés.