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14/08/2015

Éméché (325)

Ce qui m'arrive est cruel. A part dans mes correspondances par mail et par messages que ce soit sur téléphone ou internet, je me rends de plus en plus compte que je n'arrive pas à exploiter mon imagination. Le terme ''exploiter'' est un peu fort, certes. Plutôt "faire parler" (même si cela dénonce encore le fait qu'elle ne puisse pas s'exprimer d'elle-même). J'ai pourtant réussi le temps d'une soirée ou deux, cette année, à retrouver une écriture correcte, originale, ou du moins que je trouvais ainsi, car elle permettait de développer une histoire que je n'avais pas lu auparavant et que j'aurais aimé lire. C'est un peu le sentiment que j'ai ressenti en relisant un texte que j'ai écrit il y a trois ans et que je vous laisse ici. C'est un extrait. Je m'amusais à écrire des textes venant de nulle part et où les personnes se retrouvaient directement dans l'action. 

Extrait

Il referma d'un coup sec, le livre. Il ressentit alors de douloureux maux de tête. Non pas que les quelques lignes qu'il avait lues relevaient d'une quelconque difficulté, au contraire; mais plutôt parce que la divergence, entre le point de vue exposé et sa morale, pouvait rallier, à titre de comparaison, les deux extrêmes d'une droite ! Ce contraste paraissait tellement flagrant dans sa pensée, qu'il éprouvait un mal fou à distinguer la sienne de l'opposée. L'atmosphère joviale s'était atténuée, on entendait toujours, malgré tout, les bières se frotter régulièrement, les hommes s'enivrant jusqu'aux larmes entonnant à tue-tête des refrains patriotiques et les pas cadencés des rares danseurs qui pouvaient encore tenir sur leurs jambes. Ce léger bruit de fond le titillait, l'invitait à rejoindre les festivités mais son cœur balança, pour la première fois de sa vie. Il eut un long flottement, durant lequel il mobilisa toute sa capacité intellectuelle restante pour comprendre ce qui lui arrivait. Ce fut en vain, car à présent des souvenirs de scènes d'horreur se couplaient avec des images de lui enjoué. Enjoué de sa situation; enjoué de son parcours, de ses accomplissements, de son soi-disant bonheur; enjoué de ses années passées derrière cet écran à manipuler des touches, et par la même occasion des personnes; enfin, enjoué d'avoir retrancher l'âme à des milliers de personnes dans sa vie. Mais cet enjouement, c'est l'ignorance qui le permettait, sa crédulité avait orchestré le tout. Comment avait-il pu ne jamais s'en rendre compte ? Il se rappela furtivement de son éducation, si barbante elle avait été, si redondante on l'avait enseignée, aussi dépourvue de connaissances on la lui avait inculquée. Ses yeux malades fixaient promptement la couverture de l'opuscule. Sur celle-ci avait été dessiné un éclair aux contours épais, luisants; y avait été typographié d'une police très soignée cette maxime : «Des ordres et désordres». C'est sur ce titre poignant que ses paupières s'appesantirent, ne laissant plus qu'un corps endormi, entièrement possédé par son propre système cognitif.

Un bourdonnement s'immisça dans le silence pesant. Lorsqu'il s'aperçut de la fraîcheur du ciment sur lequel son corps nu s'était reposé, il frissonna. Une fois levé, un profond désir le submergea, celui de se souvenir des événements de la veille. Il se convainquit dans un premier temps de cogiter un instant pour en retrouver les faits; puis s'apercevant de ses poils hérissés, céda finalement à la tentation de s'habiller avant d'en comprendre pourquoi il ne l'était pas déjà.

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19/04/2015

Un banc de bambin (224)

Cette écriture que j'ai adopté ce soir est assez étrange, je le confesse. Elle ne semble pas m'appartenir, et pourtant... On retrouve par instants une patte "bien à moi", mais pas un style véritablement identique à un quelconque travail précédent. C'est à la fois réjouissant (car on explore de nouvelles facettes), mais c'est également perturbant (qu'est-ce qui m'arrive ? vais-je retrouver mon "ancienne" écriture ?).

Je me suis étonnamment mélangé dans la conception de ma chute finale. J'arrive plutôt bien à les tourner d'habitude, mais là, c'est un fiasco total. Seule la thématique m'a fait opter pour cet espace-temps fictionnel qui me paraissait intéressant de prime abord. Bon j'arrête de m'éterniser sur ce que j'ai fait et vous laisse juger par vous-même et me dire ce que vous ressentez (dans les commentaires) à la lecture de cette mini-nouvelle !

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Un banc de bambin

Trois petits coups et la porte s'ouvrit violemment. Trois, comme l'âge qu'elle possédait désormais. Comme le nombre de bougies qu'elle avait soufflées la nuit passée, lorsque sa maman lui avait tendu allègrement le gâteau et avait émis, par la suite, un cri strident lorsqu'elle vit sa fille utiliser -non sans maîtrise- ses poumons pour éteindre les flammes qui consumaient les mèches. Trois, comme le nombre de cochons qui étaient également associés au qualificatif ''petit'', comme les coups qu'elle avait porté sur le bois qui cachait la chambre dite ''de papa et maman''. Si elle ne se considérait pas petite; elle admettait volontiers à quiconque le prétendait, qu'elle avait un caractère de cochon. Enfin, ceci n'a absolument rien à voir et n'apporte aucun indice nécessaire à la compréhension de l'histoire qui suit. Reprenons.

Sa maman avait ouvert avec violence la porte qui la séparait de sa famille. Et en ce moment, la voir lui paraissait horrible : elle ne savait pas quoi penser de tous ces phénomènes «anormaux» qu'elle constatait chez elle depuis quelques temps. Sa progression fulgurante dans divers domaines aurait pourtant due lui mettre la puce à l'oreille beaucoup plus tôt : elle savait faire des roulades après douze mois seulement, les effectuait en finissant par un grand écart, puis le tout en arrière l'année suivante; et enfin, adoptait une technique de course digne de l'agilité d'un adulte, sans en posséder encore, toutefois, la vitesse. Ni l'enlèvement des petites roues de son vélo à ses deux ans, ni l'écoute de sons parfaitement discernés provenant de sa bouche, à ce même âge, ne l'avaient interpellée. En fait, elle avait admis que les enfants sont de vrais cascadeurs en lisant tout type de magazine et en n'exerçant sa jugeote que lorsque celui-ci venait à critiquer une série télé qu'elle adorait. Les habilités extrêmes de sa fille l'avaient toujours étonnée, mais elles rentraient toujours dans le cadre de cette période où les enfants se permettent tout et ont cette capacité à être téméraires quand des adultes auraient reculé et réfléchi plutôt deux fois qu'une sur n'importe quelle ambition.

La maman qu'on appellera Annie, car le narrateur ne lui a pas prévu de prénom en particulier, était peu courageuse. Son caractère à fleur de peau l'avait fait rentrer dans un doute existentiel. C'est pour cela que la porte s'ouvrit avec cette violence précédemment évoquée. Loin d'être effrayée, Nina -qui pour le coup avait un prénom prédéfini par la maman pour qui le narrateur n'avait pas de prénom- s'avança sans crainte vers le lit d'Annie. Nina était le prénom que sa maman lui avait attribué, tout à fait par hasard, et par chance penserait-elle si elle possédait la sagacité qu'elle acquerrait certainement dans les deux prochaines années. Nina se demandait si Nino lui aurait convenu dans le cas où elle serait née avec un entrejambe plus ''garni''. Outre son apparence simpliste, ce prénom résonnait bien et laissait présager un aspect coquet que l'enfant ne possédait absolument pas.

Lorsque Nina eût atteint la couverture, elle la plia, puis la souleva sous l’œil effaré de sa maman qui restait bouche bée. Une fois descendu les escaliers, puis passé dans le jardin avec cette grosse touffe de poils assez lourde, elle s'allongea sur le banc en plastique qui s'étalait sous un grillage de plantes grimpantes. Nina se couvrit.

Pour la première fois, Nina passerait sa nuit dehors. Puisqu'elle constatait chaque jour l'impuissance de sa maman à lui fournir une éducation correcte et empreinte de décisions concrètes, elle avait décidé de devenir indépendante. Elle élabora une petite pancarte sur laquelle elle inscrivit ''A votre bonne volonté... donnez-moi de l'argent sans compter''. Elle s'imagina le temps de quelques rêves présidente de la République, nommée plus grande dirigeante ou encore primée par un Oscar. D'ailleurs, elle se voyait bien mariée à un Oscar. Le prénom, pas la statuette... enfin, la personne derrière le prénom, pas le prénom lui-même. Au secours ! Oscar !

 

Les poils hérissés, les lèvres gelées, elle rentra au bon matin, défaite de ses illusions. Elle avait appris que pour mener à bien ses projets, elle devait compter sur les appuis de sa maman, car Nina recevait davantage de ses initiatives qu'elle ne le pensait : un amour inconditionnel, un toit, des plats préparés avec goût, une liberté dans l'expression personnelle. C'est celle-ci que Nina devait contenir un peu. Se contenter de ce que sa maman lui offrait était grandement suffisant pour s'exprimer. Il fallait préparer l'avenir tranquillement. Même si c'était une petite créature impressionnante par ses qualités, Nina, comme toute héroïne aurait des complications à affronter pour acquérir un statut de personnage à part entière dans l'histoire de l'humanité. A l'instant où j'écris ces lignes, Nina désirait seulement manger sa tartine de beurre et regarder des dessins animés. Préservons nos enfants de l'obsolescence, sans cesse accentuée au fil des ans, de la ''jeunesse'', de cette période de construction et d'amusement, de plaisir et d'apprentissage.

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05/04/2015

Un Yack et un caddie (210)

Un Yack et un caddie

Les discussions sont fermées. Elles ne débouchent sur rien. Ah si, sur des bouteilles ! Enfin non, faut les déboucher ! Les bouteilles, parce que les discussions, on ne peut pas. Plus fermées qu'une impasse, plus illusoires qu'un trompe-l’œil, plus étriquées qu'un habit moulant, les discussions persistent, dans la médiocrité de notre monde, à être les reines.

La discussion allait bon train. On parlait voiture. Il y avait Léa qui racontait son passage au salon de l'automobile. Elle s'indignait ostensiblement, de manière presque théâtrale contre le patriarcat qui subsistait dans le milieu de la voiture. Enfin pas que dans le milieu, à l'avant et à l'arrière également. Toutes les portes étaient fermées aux femmes. La clef pour s'en sortir résidait dans la persévérance et la ténacité. Personne ne semblait prêter attention aux revendications féministes qu'elle exaltait.

A côté d'elle Miguel épluchait la dernière revue «auto-magazine», tout en s'emportant de temps à autre sur tel ou tel article vantant des modèles absolument hors de prix sur lesquels il ne cessait de fantasmer. Il percevait par bribes le discours de Léa. «l'accession en F1 devrait être ...», «sommes aux vingt-et-unième siècle et...», «technologie évolue, mais visiblement pas les menta...». Il se savait d'accord avec elle, donc s'octroyait le droit de ne pas l'écouter attentivement.

Derrière Léa, Martin jouait allègrement aux petites voitures. Celle qu'il préférait manœuvrer, c'était la grande. La plus grande des petites voitures se trouvait être une Cadillac. La même que celle dans laquelle ses parents avaient foncé dedans. Une Cadillac aux teints clairs. Il s'en souvenait, malgré son jeune âge lors de l'accident, car en sortant il avait découvert la solidité du bolide qui n'avait que de maigres égratignures. Ce n'était hélas pas le cas pour celle des parents de Martin qui durent racheter une de ces voitures qui restera dans le bac et qu'il s'interdira d'utiliser tant que la Cadillac serait en état. La Cadillac prime. Prime de l’État qu'il jugeait insuffisante à l'égard des qualités incontestables en matière de sécurité que représentait cet engin.

Manon observait Martin. Manon se situait dans un âge où on l'on essaie de paraître grand, mais lors duquel on résiste à la tentation de continuer à s'amuser. Ce que disait Léa ne l'amusait franchement pas. Elle rêvait à l'instant de son futur prince. Elle prévoyait déjà de se promener avec lui, de visiter des paysages dans une dodoche, pas trop moche, après s'être fait un petit cinoche.

Marie appuyait Léa moralement. Mais elle trahissait ses pensées car elle devait s'afficher unie avec Victor, son petit copain, comme elle se l'était promise. Peu en forme, Victor avait abandonné sa répartie habituelle pour recracher de médiocres convenances, mais également des absurdités innommables. A coups de «Mais n'importe quoi», «Reviens sur Terre, ma pauvre Lucette», «Tu as perdu la boule», il matraquait son adversaire, qui remontée, renchérissait avec des propos très techniques et d'apparente vérité.

Odile qui avait toujours le mot pour rire -même s'il serait plus exact de dire la blague ou l'expression, car un mot isolé fait rarement rire quelqu'un; à moins qu'il soit sacrément incongru- sortit une de ces perles qu'on n'a jamais deux fois l'occasion d'écouter :

-Savez-vous comment on appelle les voitures qui se peignent sur des tableaux ? Des auto-portraits !

Gros blanc. (non, ceci n'est pas une description totalement gratuite et injustifiée qui viendrait en commentaire sur l''apparition d'un nouveau personnage)

Tandis que le ton montait, la voiture serpentait, réalisait les lacets, sans encombre. Elle serpentait autant que la discussion s'envenimait. Tous se sentaient toujours plus absorbés par leur occupation. Léa par sa mission, Miguel par sa revue, Martin par ses petites voitures, Manon par ses rêves de tour du monde en dodoche avec son prince, Marie par sa complaisance dans le mensonge, Victor par son mépris pour les idées qu'il qualifiait d'abjectes, défendues par Léa, et Odile par la confection de répliques désopilantes à sortir lorsqu'elles s'accordaient le moins avec les propos qui étaient prononcés. Sans aucune raison, Léa et Victor en vinrent à un stade -quel comble pour Victor qui hait le football- où ils ne pouvaient plus avancer aucun argument qui n'aient un rapport avec le sujet initial. Ils tergiversaient désormais sur des futilités. Victor reprochait à Léa montré trop d'affection pour des talons aiguilles qui en plus d'être hideux ne cessaient d'accrocher son orteil. Léa reprochait à Victor de ne pas avoir tenu des propos davantage bienveillants face à sa grand-mère lorsqu'il l'avait envoyé dans les roses -au figuré, sinon la discussion n'aurait pas eue lieue et on en serait peut-être déjà venu aux mains- pour une mauvaise plaisanterie. Incohérent. Le discours prôné par l'un et l'autre commençait à converger sur certains points, à s'éloigner sur le reste et à ressembler à rien d'autre qu'un vaste monologue à plusieurs sens, et à la fois sans autre objectif que de blesser. C'est une lutte qu'ils se livraient. Tout comme le vendeur de pizza livrerait sa marchandise. Enfin lui, ce serait sur un scooter. Le trajet s'acheva avant que les protagonistes n'eurent à utiliser la force pour faire admettre des idées sans sens. Leur discussion s'interrompit net. Retranchés chacun dans leurs convictions, ils s'écartent. Se rapprochent. Pensent au couple qu'ils avaient formé. Y songent. Songent aussi à la voiture qu'ils achèteraient afin de passer leurs futures vacances à parcourir des territoires merveilleux. Ils se trouvent alors sur la route. Ils désiraient se payer une voiture. C'est ce qui malheureusement arriva : ils se payèrent une voiture.

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27/03/2015

Lunii, Balls et Rush (201)

Quel titre improbable et totalement dénué de signification !

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Une petite période de "rush" en ce moment m'empêche d'être particulièrement efficace par ici, et notamment de publier chaque dimanche des petites nouvelles (et oui, vous aviez déjà oublié que j'en écrivais !). Mais, j'ai tellement hâte de reprendre l'écriture et ai tellement appris ces dernières semaines que je pourrais me surprendre... ou comment être frustré de ne pas avoir le temps de s'exprimer pleinement !

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Parfois, en consultant mes e-mails, je tombe sur des surprises (non, je parle pas des e-mails coquins ou des tonnes de publicité), comme sur ce véritable coup de cœur que j'ai eu pour un projet Ulule. L'histoire créée à partir de nos informations se modernise ! Je soutiens, à défaut d'avoir les finances pour, moralement à fond ce projet ! Il en faut peu pour que je sois conquis... 

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La fin de la websérie "La théorie des Balls" est juste exceptionnelle : drôle, très bien écrite, pleine d'effets surprenants; non, vraiment, ce sont des génies ces acteurs, ces producteurs, réalisateurs (etc.) ! Vivement leur prochain projet ! 

22/12/2014

La rage du gars au garage (108)

Outch ! Je viens de me rappeler qu'il fallait que je poste cette nouvelle avec une demi-heure de retard sur l'horaire alors qu'elle était prête ! Je ne vous garantis pas que vous allez l'apprécier, mais moi, cela m'a bien amusé à l'écrire (le principal !). Bonne lecture !

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La rage du gars au garage

Victor est ce qu'on appelle dans le jargon mécanique une voiture. Loin d'être le dernier de la famille puisque quinze autres petits bébés ont suivis. La famille Lopelle s'est agrandie au fil des années grâce à l'ingéniosité et à la ténacité de ses concepteurs. Toujours à la tâche, pour ne jamais faire tache. Pour la petite leçon de français... En ce qui concerne la mécanique, Victor vous renseignera mieux que moi, même s'il n'en roule pas ! Sa modestie à tous égards lui donne cette élégance que toute voiture voudrait avoir. Sa discrétion sur la route lui confère la sympathie de tous les autres usagers de la route. Victor Lopelle en est à sa sixième version. Le prototype avait un défaut apparent et c'est pour cela qu'on l'avait appelé ''intro-version'' et depuis Victor est introverti. Ce qui peut être une force, mais personne n'en fait jamais la remarque... il faudrait que les personnes commencent à prendre leurs marques avec les timides. D'ailleurs, Victor a des jantes très poreuses et quand elles sont tout humide, elles vont dans des sens aléatoires : elles dés-jantes.

Sophie est cette Porchette garée consciencieusement entre ces deux Auneufs. Elle est l’œuvre en grande partie d'une pensée cartésienne. Ses formes lui donne cette vigueur. Tout a été pensé dans son intérieur. Et dehors il y a un café souriant qui demande à sortir avec un thé rieur. La porte claque. Même si elle n'est pas très campagne, elle a un caractère assez ferme Porchette.

Une nuit passe.

Renaud est le propriétaire de Victor Lopelle et est très curieux sur les relations que ce dernier entretient avec les concurrentes. Aussi, parfois il peut poser des questions très osées :

-Alors qu'est-ce que tu as fait avec Sophie hier soir ? Demande Renaud à la volée.

-J'ai pas-niqué.

-Roh, je ne te demandais pas cela, répondit-il un peu gêné.

-J'ai eu peur. Qu'est-ce que... Oh non, tu as encore fait un mauvais rapprochement. Arrête de penser toujours à ton tuyau.

-Désolé, ça m'a échappé.

-Une occasion encore partie en fumée.

-Je te rappelle que toi aussi tu fumes.

-Ah, petit drôle, au lieu de badiner, rappelle-toi plutôt ce que nous fûmes.

 

 

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07/12/2014

La crème de l'élite (094)

 La crème de l'élite

Il se tenait blottit dans la minuscule couverture que le commandant-chef lui avait confectionnée. Son dessin-animé préféré, ''les pigeons se démènent'', venait de commencer. Il s'était installé dans le canapé de telle manière qu'il pouvait profiter à la fois des joies du repos et porter facilement ses yeux vers l'écran. Dans la télévision, l'acteur principal se prit violemment le carreau d'un immeuble; il rit. Il éternua. Il avait un rhume; ce qui expliquait pourquoi le salon était parsemé de textures si douces. On sonna à la porte.

Ni une ni deux, il rejeta la couverture loin de lui et alla, dans une gestuelle magistrale, ouvrir.

-Vous désirez voir ?

-Élite n°036 ? Lui demanda-t-il sèchement.

-C'est bien moi. Que me voulez-vous ? Répondit l'intéressé sans comprendre l'agressivité de l'individu.

-Allez les gars, embarquez-le !

Toute une armée de plumes s'avança et l'attrapa à la suite d'une courte course-poursuite. Pris par la queue et par le bec, il fut transporté de force dans une fourgonnette. C'est alors que le lecteur se demande pourquoi ils ne l'ont pas fait en volant ? Et ce à quoi je vous réponds que ce sont d'honnêtes pigeons ! D'où le nom que l'on donne à ceux qui ''se font plumer''... Ils roulèrent donc dans une fourgonnette qu'ils n'avaient pas volé et l'emmenèrent dans un endroit sombre que les humains appelaient garage. Dans leur langage, ils appréciaient davantage l'expression ''palace réchauffé''.

-Je vous attendais Mattéo ! S'exclama chaleureusement le plus haut gradé de la sphère de la communauté, le commandant-chef en personne.

-Moi ? Demanda l'élite n°036.

-Vous êtes une recrue particulièrement appréciée dans nos rangs et avez bravé les plus grands risques pour mener à bien vos missions. Je ne saurais être assez reconnaissant pour être à la hauteur de vos exploits. Mais j'aimerais tout de même essayer de rétribuer à ma manière votre service en vous proposant le poste de cuisinier en chef pour le réfectoire des pigeons d'élite. Qu'en dites-vous ?

-Ce serait merveilleux.

-En plus d'être la crème de l'élite, vous ferez la crème pour l'élite !

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23/11/2014

Courage ! (080)

 

J'avais dis dans la semaine que j'écrirais une nouvelle comportant plein d'expressions animalières, mais c'était sans compter le concours d'édilivre que j'avais complètement zappé et dont j'ai re-pris connaissance vendredi, tout juste à son commencement. J'y ai donc participé avec la nouvelle qui suivra dans cette blognote. Hélas, je n'y ai pas suffisamment consacré de temps pour qu'elle soit bien, et surtout pour qu'elle est une fin un peu plus digne. C'est quelque chose que j'adore travaillé et que je n'arrive plus à faire en ce moment, faire un final étonnant. Peut-être pour la semaine prochaine ?

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Le courage est énigmatique

''Lorsqu'on est petit, on n'en a pas. Lorsqu'on est grand, on voudrait en avoir davantage. Lorsqu'on est moyen, c'est qu'on n'en a pas eu. Qui suis-je ?''. Il ne lui restait plus qu'un tour pour résoudre cette énigme. Il venait d'en effectuer une vingtaine et il n'en restait que la cerise, celle qui le ferait souffrir (le narrateur prend la décision que les cerises sont une souffrance pour notre palais(il note qu'on ne parle pas de personnes riches au sens pécuniaire du terme)). Quatre cents mètres. Il prend une grosse inspiration et double.

Le voilà désormais cavalant derrière un vide qu'il comptait gardé jusqu'au bout. Mais c'était sans compter sur ses mollets qui ne supportaient plus les pressions répétées et violentes contre la piste. Les souvenirs de séances dures lui revenaient par images. Il devait finir cette course en tête pour lui-même, pour tout le mal qu'il s'était fait. La lourdeur de ses jambes était occultée par son cerveau qui ne cessait de trouver d'autres motivations pour le mener jusqu'à la ligne. Cette petite peinture blanche qui délimitait la délivrance se faisait désirer. Où était-elle ? Il la cherchait du regard.

Sur le bord de la piste s'accumulaient des inconditionnels de l'athlétisme, des parents d'athlètes et des bambins auxquels on prêtait volontiers des qualités athlétiques, tandis qu'ils ne faisaient que s'amuser. Il prit soudainement conscience qu'il courrait comme un enfant, que ses jambes exprimaient une liberté puissante à laquelle il n'avait jamais pensé. Il pouvait aller n'importe où avec elles. S'il le désirait, il pourrait faire demi-tour et effectuer la course en sens inverse, il pourrait emprunter ces escaliers pour déserter le stade, il pourrait... mais il ne le souhaitait pas. Tout aussi bien qu'il pouvait faire toutes ces choses, il pouvait l'emporter : et c'était cela qui le transcendait.

 

''Courage'' entendit-il dans l'avant dernier virage, tandis qu'il lui restait seulement deux cents-mètres. Tout son corps se crispait. Son visage entier respirait la douleur et se contractait. Ses prises d'air ne suffisaient plus à contenir toute la demande en oxygène que requérait l'effort. Pourquoi donc lui avait-on lancé un ''courage'' ? Pourquoi maintenant et pas plutôt ? Peut-être n'était-ce pas le premier prononcé, mais c'était en tout cas le premier qu'il entendait. Son cerveau était-il si estropié qu'il devait prendre conscience des mots lancés par la foule pour se réconforter ? Faut-il avoir du courage pour terminer cette course ou de l'envie ? Faut-il être enfant et survoler innocemment la dernière ligne droite ou être adulte et terminer coûte que coûte -pour l'honneur- ces longs et douloureux cent mètres qui se préparent.

Mais toutes ces images mentales et ces schémas de course s'estompèrent brusquement lorsqu'il ressentit une douleur derrière la cuisse. Il ne lâcha pas l'affaire et serra plus fort encore sa mâchoire, les traits de son visage. Son allure devint de moins en moins belle, altérée par la fatigue. Il ne restait plus que quelques mètres et ses concurrents le talonnaient. Accélérer le ferait souffrir encore davantage et il n'en avait psychologiquement plus les moyens, et rester à cette vitesse aussi, puisqu'il pourrait perdre sa place sur le fil.

C'était fini. Après une tape amicale, ils regagnaient chacun leur voiture et prirent des routes différentes. Il se reverraient certainement à la prochaine compétition. Enfin, cela restait dans l'incertitude de l'évolution de sa possible blessure, de l'envie de chacun et du déplacement à faire. Mais là, il n'y pensait pas. Il savourait sa victoire ! Pour lui, gagner n'était pas une preuve de courage, mais une simple volonté de se permettre d'être heureux.

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16/11/2014

C'est fait ! (073)

Certes, c'est fait. Mais pas si bien. La fin arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, faute de temps (encore et toujours). Mais je trouve que le titre est correct et précis ! Bonne lecture à vous (et cela ne peut aller qu'en s'améliorant) !

C'est fait !

Les fées n'ont jamais apporté davantage de croissants qu'il n'en fallait pour festoyer dignement au réveillon de noël. Elles savent que nous sommes douze à se réunir chaque année dans cet humble appartement, qui nous entasse comme des sardines (chanson qui fait d'ailleurs partie de la compilation qui sera mise en fin de soirée (horreur)). Elles ne se trompent jamais dans le compte. Même lorque le petit ami d'une des invités s'était convié à l'événement, elles avaient prévu leur coup. Avec elles, tout est féé...rique, mais surtout, tout est fait ! Au-delà de la simple tradition des croissants déposés dans un gros carton que l'on découvre en fin de repas, elles s'occupaient également de la décoration de la pièce, de la préparation du dîner et de ne je sais quelles autres tâches qui peuvent paraître rébutantes à l'organisation d'un dîner chez soi pour un si honorable jour. Il faut être à la hauteur de l'événement, et pour cela, pas besoin d'être grand.

Des groupes de discussions s'étaient déjà organisés autour de la table : les ''grands'' lancés dans une discussion passionné sur leurs conditions de travail et les ''petits'' sur des sujets plus légers comme : ''Comment fait-on pour passer le niveau 6 dans ce jeu de game boy ?'' ''Quoi tu as encore la game boy, mais c'est démodé''. Restaient moi, Charles (coucou !) et Chloé, une cousine du même âge (celui-ci ne vous sera révélé que plus tard afin de préserver le suspense). Néanmoins, je peux dire que nous nous trouvons dans un âge où les cadeaux commencent à se faire rares (déjà trop d'indices ont été donnés). Chloé était peu encline à s'aventurer à dire des mondaineries, comme on en a l'habitude d'entendre dans de telles réunions familiales. Je fis tous les efforts possibles pour la lancer sur quelques sujets qui pourraient l'intéresser, sans succès.

Ce repas était l'occasion de revoir une bonne partie de la famille dont nous avons plus ou moins oubliée l'existence pendant la majeure partie de l'année écoulée. C'est dire la pression qu'ont les fées à l'approche de noël afin de prévoir la meilleure organisation. La remise des cadeaux, le point d'orgue de la soirée, était arrivée ! Voilà une centaine d'année que le bonhomme rouge avait laissé les rennes aux petites fées qui elles, récompensaient réellement les plus sages et leurs offraient de réaliser véritablement leurs rêves. C'est ainsi que Chloé reçut un bon pour un saut en parachute, tandis que moi j'eus le droit au cd d'un chanteur des années 90, dont je ne connaissais même pas le nom. C'est dur la vie quand on a la vingtaine !

Une fois de plus avaient oeuvré sans relache afin de permettre à ces douze compères de vivre d'intenses moments. Lorsque tout fût fini, la fée supérieure s'exclama :

-Voilà c'est fait. On va bien fée...ter ça, non ?

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09/11/2014

Un fini (066)

Alphonse Allais : ''L'infini, c'est long, surtout vers la fin''.

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Depuis plusieurs années que j'écris, je suis seulement parvenu à écrire un recueil de dix nouvelles (je veux dire tout bien fini, relu et relu, imprimé pour moi-même...). C'est déjà bien me direz-vous ! Seulement, j'ai tellement de bouts de textes qui auraient été bien mais qui n'ont jamais été finis et dont je ne suis plus sûr de pouvoir les achever un jour (parce que j'ai perdu pour beaucoup le fil que je voulais leur donner)... Et surtout, j'ai tant envie de revenir à mes premières amours et de réécrire régulièrement des textes plus poétiques que "parodiques" ou "à contrainte". C'est pourquoi - vous en êtes témoins - je m'engage à écrire une nouvelle par semaine et la publier chaque dimanche sur ce blog ! Peut-être qu'un deuxième verra le jour bientôt ? [je reprendrais peut être parmi la sélection finale "Il faut trancher" (053) et des nouvelles écrites il y a fort longtemps et que je mettrais un poing d'honneur à terminer car elles ont un esprit qui me captive (narcissique ?) encore plusieurs années après].

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Merci le Golden Moustache de revenir à un niveau plusqu'acceptable ! Vous parvenez enfin à me faire décrocher à nouveau de larges sourires. Le sketch ''Le mémo'' même s'il est loin d'être de leurs meilleurs, a un style absurde que j'adore (que dis-je ?), dont je suis totalement fan ! 

Ce sketch me fait penser à celui d'Arnaud Tsamère sur la mémoire (oui, oui ! à l'avenir j'essaierais d'éviter de vous recommander intempestivement cet humoriste).

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Je viens de découvrir par John Green, de l'existence de ses propres cours appelés "CrashCourses" et touchant à de très larges sujets : psychologie, histoire, littérature, etc. Ils sont parfois très techniques, mais je ne peux que vous les recommander (surtout si vous adorez le "vloggueur" [et encore plus si vous aimez également l'écrivain[ce qui est mon cas]]) pour améliorer sa culture générale et d'apprendre en même temps l'anglais : d'une pierre, deux coups (matar dos pájaros de un tiro, en espagnol [pour une fois que l'expression espagnole est plus violente que celle française...]).

Je vous laisse choisir parmi la très grande diversité de sujets déjà disponibles (2 à 3 nouveaux cours chaque semaine) : https://www.youtube.com/user/crashcourse/videos

04/11/2014

T'es âpre théâtre (061)

Cette année, je me suis intégré au projet d'une amie afin de présenter "Marcia Hesse" de Fabrice Melquiot. C'est un drame contemporain qui m'a tout de suite plu à la lecture de la note de l'auteur, et au résumé qu'elle m'en a fait. Je ne l'ai pas encore lu, mais je vais voir ce soir les personnes motivées par la même pièce; j'ai hâte !

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Le monde associatif est un fonctionnement qui m'a toujours plu et je vais m'y intégrer de plus en plus dans les années à venir; en prenant dès cette année la vice-présidence du club d'athlétisme regroupant des athlètes de plusieurs localités environnantes. De nouvelles responsabilités à assumer donc, j'espère pouvoir les honorer et que ce projet me soit au maximum formateur afin pourquoi pas de me lancer moi-même pour en créer une à caractère humanitaire (j'ai ce rêve depuis le retour du Togo, il y a trois ans).

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Pour tous les amateurs d'écriture de nouvelles, il y a un concours qui durera 48 heures du vendredi 21 novembre 19h au 23 novembre même heure et qui a regroupé pas moins de 1400 auteurs l'année dernière. Des gains pour les meilleurs et un surpassement de soi pour ceux qui se seront pris au jeu; car je trouve que c'est un excellent moyen pour écrire et ne pas juger ce qu'on écrit. Ainsi, on lâche simplement ce qui nous passe part la tête, car sinon, on a pas le temps de terminer la nouvelle. Vous y participerez ? Je posterais évidemment le résultat sur ce blog ! 

http://www.edilivre.com/communaute/2014/10/17/concours-de...