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04/09/2015

2/2 : sur la lancée, mais sans les lancers ! (346)

Je descends les marches de l'hôtel. Souviens-toi de cette sensation encore agréable de les survoler. Demain, tu risqueras de prendre l’ascenseur... Petit échauffement. Outch, cela va être super dur d'élever ses jambes au-delà d'1m06 et cela dix fois. Les autres font quelques accélérations sous mes yeux. Comment peuvent-ils être encore aussi rapides ? Je crois vraiment pas pouvoir passer dix haies, jusqu'à ce que le coup de feu retentisse. La journée est lancée.

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Les épreuves s'enchaînent plutôt bien et je suis même déçu de ne pas pouvoir m'employer davantage au saut à la perche parce que je n'ai pas le matériel nécessaire pour aller plus haut. Sept perches différentes pour tous les concurrents, aux profils et aux performances différentes, ça fait un peu short. D'ailleurs le short, c'est ce qu'il faut, car le soleil n'arrête pas de me cuire depuis le début de l'icosathlon. Je vois déjà ma peau virer au rouge.

17ème épreuve, cela fait 4 épreuves qu'on commence à compter le nombre d'épreuves restantes. Bon, pour dire vrai, c'est depuis le début que je l'ai compte. Tu es tellement atteint psychologiquement par le défi qui t'attend que tu essaies de faire travailler tes méninges à chaque fois que tu en as le temps. C'est l'heure du lancer de javelot. La technique laisse à désirer. Je suis loin, trop loin de mon record (7 mètres de différence). Mon objectif des 8 000pts pour l'icosathlon s'envole (pas mon javelot, malheureusement). Un Allemand chantonne ''ou i ou ah ah''... Mais je la connais celle-là ! Visiblement, la culture n'a pas de frontières !

19ème épreuve. Le temps du 1 500mètres que je viens de courir est loin d'être satisfaisant. Ai-je encore les jambes pour rebondir convenablement ? Où est la logique de mettre une épreuve aussi physique en avant-dernière position ? L'entraide entre icosathlètes est à son comble. La ''clap'' retentit pour chacun absolument tout le monde, sur tous les essais. Regain de motivation. Le premier essai est magique : 10m40, à 30 centimètres de mon record. Les deux autres un peu moins bons, mais corrects. Je suis en train de m'en vouloir pour le javelot... il aurait manqué un ou deux mètres pour les 8 000. Mais pas le temps de se lamenter, on nous appelle pour une épreuve redoutée par plus d'un !

Au départ, je me souviens d'une chanson de Skip The Use : 

Tu en as déjà fait des 10 kilomètres... Tu pars lentement, et tu accélères vers les derniers tours... Il suffit de bien souffler, de bien se ravitailler... Je peux essayer de me rassurer autant que je veux, il n'en reste pas moins 25 tours à parcourir. Petit cri d'encouragement, ''good luck'', ''good luck'', ''good luck'', ''good luck''. Il va en falloir. Les premiers tours se passent super bien, je garde un rythme satisfaisant, puis, je décélère... Tour après tour, je ralentis d'une seconde par 400mètres. Plus que 8, 7, 6, 5, 4. Une juge me lance ''5 laps''. What ? Mon cerveau encore lucide se révolte en français. ''4 laps'', ''no, 3, I'm sure''. Vous n'allez pas me rajouter un tour... surtout pas à ce moment de la course où je me trouve en si bonne forme. Coup au moral. Je termine tant bien que mal; surtout mal. Il me faudra plusieurs minutes pour souffler et vérifier auprès des juges que j'ai bien réaliser les 25 tours requis. Délivrance. D'autres au sol, ne savoure pas encore leur icosathlon. Un athlète italien, ainsi qu'un estonien (les deux premiers au classement général) tombent inconscients; certainement à cause d'une très forte hypoglycémie. Surtout l'Estonien qui va rentrer dans l'ambulance plusieurs minutes avant d'en ressortir et avoir une longue discussion avec l'Italien. Ce qu'ils ont vécu est fort. Ils sont allés au bout d'eux-même et se sont vraiment battus jusqu'au dernière mètre.

On finit la soirée dans une cave pour la remise des récompenses. L'entrée en fanfare des belges est remarquée; ils ne manquent pas une occasion de faire la fête ceux-là ! Les médailles sont remises dans une ambiance de feu, avec des applaudissements rythmés par les chansons du DJ, spécialement venu pour l'occasion (c'est le frère de l'organisateur. Mais il n'empêche qu'il est très doué). Puis, deux bonnes heures de danse. Avec comme point d'orgue, l'arrivée sur scène du jeune japonnais qui lors des deux journées nous a bien faire rire. Joyeux tout le temps. Il semblait découvrir certaines épreuves (saut à la perche, lancer de marteau). Et là, sont déhanché en a fait rire plus d'un. Quel showman !

Je sors. Oui, toutes les bonnes choses ont une fin. Et lorsqu'on a goûté quelque chose, il faut une autre bouchée pour savoir si notre palais peut s'y adapter. Là, mes jambes s'y sont déjà fait. C'est comme une promesse qui se fait dans ma tête. Birmingham, 2016. Je n'ai jamais été au Royaume-Uni... Et c'est plus proche, donc je serais moins fatigué à l'entame de la compétition. Et je me serais mieux préparé pendant toute l'année. Et je viserais les... rom pich rom pich rom pich (si je me fais battre par mes paupières, comment je peux être aussi solide au niveau des jambes ?)

00:39 Publié dans Icosathlon | Lien permanent | Commentaires (0)

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